Plus que des festivals, de véritables « villages » à part entière

Dans un contexte de concurrence accrue depuis ces dernières années, les festivals doivent se démarquer afin de « sortir du lot » : thématique originale, lieu insolite, taille surdimensionnée… Mais ce que l’on retrouve le plus, c’est l’idée de créer une véritable communauté.

Le festival, créateur de liens

Créer une communauté, c’est créer un « ensemble de personnes qui se reconnaissent comme partageant des caractéristiques ou des centres d’intérêt communs, qui peuvent interagir entre eux ou non », selon Mercator. 

Les festivals ont en effet cette caractéristique de rassembler des passionnés de musique en un lieu commun : amateurs de rock, de variété ou encore de rap se retrouvent le temps de quelques jours pour assister aux concerts de leurs artistes préférés. Pourquoi pas, en plus du festival en lui-même, les faire se rencontrer et ainsi favoriser des moments d’échange et de partage ? C’est le défi que relèvent dorénavant bon nombre d’événements musicaux. Outre des concerts s’enchainant sur plusieurs scènes à la fois, les festivals s’étendent également, avant, après ou pendant, à leur « village ».

Les « villages » des festivals

Ces « villages » ont pour objectif de « permettre aux gens, qu’ils soient festivaliers ou non, de s’imprégner de l’ambiance de l’événement, gratuitement ». Au-delà du moment d’échange que peuvent constituer ces « villages », ils permettent donc l’ouverture à la culture pour tous : mini-concerts, représentations théâtrales, animations pour enfants… La liste est longue et ne manquera pas de ravir toute la famille !  

Le « village » le plus connu est celui, bien entendu, du mythique festival des Vieilles Charrues. Comptant de nombreux stands sponsorisés, il permet également aux entreprises d’assoir leur notoriété et de proposer des activités ludiques afin de se faire connaître : jeux en équipe ou solo, il y en a pour tous les goûts ! Les stands associatifs comme ceux de prévention ou de protection de l’environnement se développent également de plus en plus, s’inscrivant dans un contexte actuel.

Les Vieilles Charrues ne sont pas les seuls à opter pour ces « villages » festifs et conviviaux : Le Roi Arthur, Bobital et son Bo’Village ou encore le Festival Interceltique de Lorient sont autant de véritables villages bretons à part entière.

Festivals de musique : quels enjeux pour une première édition ?

En 2018, plus de 1500 festivals ont attiré au total quelques 7 200 000 personnes en France. Le premier sur la liste : la Fête de l’Humanité, à Paris, dénombrant 800 000 entrées. Dans un contexte de compétition indéniable, à quels enjeux font face les festivals pour leur première édition ?

La question du financement

Un festival requiert d’importantes ressources financières : la programmation, le matériel, la sécurité et toute la communication autour de l’événement sont autant de charges à prendre en compte par les organisateurs. Très souvent, des partenaires et mécènes sont sollicités afin de venir en aide au festival. En contrepartie, ils bénéficient d’une visibilité et créent un lien avec le public. 

Néanmoins, pour les festivals qui lancent tout juste leur première édition, attirer ces partenaires n’est pas chose facile : n’ayant pas encore fait leurs preuves, les grandes marques ne voient pas l’intérêt de s’associer à des festivals peu ou pas visibles du grand public. L’idée est alors de s’associer à des PME ou des petites entreprises locales qui auront plus de pertinence au regard de la portée du festival.

Malheureusement, nombre de festivals ne voient pas le jour, faute de moyens. C’est le cas du festival Val de Rock, en Seine-et-Marne. Ce festival, dédié à la pop culture des années 80 et qui devait se dérouler en juin dernier, a été effectivement annulé « en raison de problèmes de trésorerie et d’une faible billetterie », selon France Info. Au lieu des 90 000 festivaliers attendus, ce sont 12 000 places qui se sont vendues. Le Val de Rock s’inscrit dans une concurrence accrue en Ile-de-France, lorsque l’on sait que les Solidays ont attiré 228 000 festivaliers, et Lolapalooza, 95 000. 

La singularité du festival 

L’un des principaux enjeux des festivals consiste donc à se démarquer dans un contexte très compétitif. Trouver une singularité au festival, notamment avec une programmation novatrice, c’est l’élément central qui va faire pencher la balance en attirant un public curieux ou passionné. C’est le cas du Capsule Festival à Lamballe, lancé en 2014, mêlant musiques électroniques et arts visuels autour de jeunes artistes montants de la scène française. Ayant attiré 1 000 festivaliers lors de cette première édition, le festival rencontre un succès grandissant.

Mais, pour les festivals, la programmation n’est pas le seul moyen de se démarquer de la concurrence : le festivalier peut être sensible à la cause qu’il soutient. « Chaque festival peut trouver une singularité qui lui est propre, même avec des têtes d’affiche, mais il faut que ça ait du sens et que ce ne soit pas juste du collage », assure Dominique Delorme, directeur des Nuits de Fourvière. C’est ainsi que se démarquent les Solidays, dont les fonds sont reversés à la lutte contre le sida ou encore We love green, qui soutient la cause environnementale.