Violences sexistes au travail : l’enquête européenne

60% des Européennes ont déja subi des violences sexistes ou sexuelles au cours de leur carrière professionnelle. C’est ce que rapporte l’enquête sur le sexisme, publiée ce samedi 12 octobre, réalisée par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) pour la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation européenne d’études progressistes.
L’enquête

Cette étude a été réalisée auprès de plus cinq mille femmes, interrogées en avril, dans les cinq plus grands pays de l’Union européenne (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni). Elle permet de quantifier les agressions à caractère sexiste ou sexuel subies par les femmes dans la sphère professionnelle.

Ce travail a pour ambition de combler un manque : les dernières données sur le sujet remontent à 2014 pour la France (une enquête du Défenseur des droits) et elles datent de 2012 pour l’Europe (issues de l’Agence européenne des droits fondamentaux).

Les faits 

Six Européennes sur dix ont déja subi des violences sexistes ou sexuelles au travail. Pour les femmes concernées, le phénomène n’est pas forcément un lointain souvenir : 21% des femmes disent avoir subi de tels faits au cours des douze derniers mois. Le chiffre atteint même 42% quand il s’agit des moins de 30 ans.

11% des sondées (9% en France, mais 15% Espagne) disent avoir déjà eu un rapport sexuel « forcé ou non désiré » avec quelqu’un de leur milieu professionnel. Pour les auteurs de l’enquête, ces données mettent «en exergue la zone grise qui peut exister autour du consentement», lorsque celui-ci peut «être extorqué dans un contexte de subordination, d’intimidation ou de manipulation».

Les violences sexistes les plus fréquentes sont les « sifflements, gestes ou commentaires grossiers ou encore regards concupiscents » (46%), un taux qui monte même à 56% en Allemagne. 26% disent subir de tels gestes ou mots « de façon répétée ».

En outre, 9% des femmes rapportent avoir subi au moins une fois des « pressions » de la part d’un collègue pour obtenir d’elles un « acte de nature sexuelle » (par exemple un rapport sexuel en échange d’une embauche ou d’une promotion), et 18% se sont vu imposer « au moins une fois » des contacts physiques comme une main sur les fesses, une étreinte forcée ou un baiser volé.

Les auteurs de gestes ou mots déplacés ne sont pas forcément les supérieurs mais peuvent être des collègues de même niveau hiérarchique, voire des personnes extérieures à l’entreprise, comme des fournisseurs (notamment pour les situations où les femmes se voient offrir des cadeaux « gênants »).

Selon l’enquête, «une très faible minorité de victimes de harcèlement au travail parvient à briser le mur du silence» : seules 13% des femmes ayant subi des attouchements et 16% de celles ayant fait l’objet de pressions en vue d’un rapport sexuel disent en avoir parlé à un interlocuteur susceptible de régler le problème en interne, comme un supérieur hiérarchique ou un syndicaliste.

Référent harcèlement sexuel

Depuis le 1er janvier 2019, les entreprises ont l’obligation de nommer un «référent» chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les salariés en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes.

La loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a été promulguée il y a maintenant plus d’un an. Elle dispose d’un volet « égalité de rémunération » et « lutte contre les violences sexuelles et les agissements sexistes ».

Pour prévenir, agir et lutter contre les agissements sexistes et les faits de harcèlement sexuel au travail, cette loi oblige à désigner un à deux référents par entreprise et agit par la formation des inspecteurs et médecins du travail.

Un référent, élu du personnel, sera désigné dans le CSE de toutes les entreprises. Les entreprises de 250 salariés ou plus doivent, en plus de nommer un référent sur le sujet pour réaliser des actions de sensibilisation et de formation, mettre en œuvre les procédures internes de signalement et de traitement des situations de harcèlement sexuel.

Formations qui en découlent

De nombreux organismes privés proposent alors leurs services pour former ces référents.

C’est, par exemple, le cas d’EQUILIBRES. Crée en 2005, l’entreprise se dit « de référence dans la mise en œuvre de l’égalité au travail ». Elle intervient auprès des entreprises, de la fonction publique ou du grand public « pour faire progresser la prise en compte de l’égalité dans le monde du travail, faire bouger les mentalités durablement et faire évoluer profondément les organisations sur ces questions, dans une approche non culpabilisante. »

Sur twitter, ces organismes rebondissent sur des faits d’actualité pour proposer leurs prestations. Ces dernières sont relayées par divers organismes.

Kador, le mystérieux collectif de musiciens et vidéastes

À l’occasion des 41èmes Rencontres Trans Musicales de Rennes le collectif Kador se produira jeudi 5 décembre à 16h à la salle de spectacle UBU. Mystérieux collectif de musiciens et vidéastes emmené par le rappeur malawi Edash Quata et le guitariste MCA, Kador décrit une vision apocalyptique du monde au travers d’un récit conçu comme un film.

Le rappeur malawi Edash Quata et le guitariste MCA

Un mix de genres musicaux…

Kador est un groupe de musiciens et vidéastes basés à Paris. Emmené par le rappeur malawite Edash Quata et le guitariste MCA en 2018, Kador décrit une vision apocalyptique
du monde. La musique du collectif est pleine de paradoxes, autant influencée par le rap de Black Though, du Wu Tang que par Nick Cave and the Bad Seeds ou Suuns. La voix rêche de Quata, rappelant celle d’Epic Rain (Trans 2011), raconte cette histoire sur une bande-son faite de rythmes hip hop, d’arrangements electro-dub évoquant Ez3kiel (Trans 1999), mais aussi de guitares rock lourdes et bluesy.

…croisé au monde cinématographique

Le groupe puise également son inspiration dans le cinéma de Jim Jarmush ou Spike Lee.
Les textes d’Edash mettent en scène une société secrète formée autour d’un chef Kador
qui est à la fois tout le monde et personne, ils décrivent l’absurdité du comportement humain qui le pousse inéluctablement à sa perte. Chaque morceau est un chapitre. Le groupe travaille sur une série de films hybrides entre court métrage et vidéo clip. Des successions narratives brutes, sèches qui mises bout à bout forment un moyen métrage

cohérent avec l’univers du groupe. Le binôme jongle avec les codes, superpose sans mélanger et propose sa lecture du spleen musical postmoderne.

 

Un collectif à l’univers alors singulier aux multiples influences autant cinématographiques que musicales.
En attendant leur passage à 16h à la salle UBU à Rennes nous vous laissons patienter avec un de leur morceau que vous pourrez aussi retrouver sur leur page facebook