Les festivals : un pari risqué et des coûts toujours plus élevés

A chaque nouvelle édition, la jauge de fréquentation globale des festivals augmentent jusqu’à battre des records pour certains. Une nouvelle qui devrait s’annoncer positive pour les festivals et pourtant qui cache un problème économique de taille. Les événements doivent désormais, selon Libération, ​“atteindre un taux de remplissage de 90 % pour rester rentables”​.

Certains évènements comme : Solidays, Vieilles Charrues, Hellfest, Made Festival ont réussi, encore cette année, à battre des records de fréquentation. Notamment pour Solidays qui a accueilli ​228 000 festivaliers en 3 jours alors qu’en 2018, il en accueillait 212 000​. Pour attirer toujours plus de festivaliers, les programmateurs cherchent leurs nouvelles têtes d’affiches et n’hésitent pas y mettre le budget. “Pour sa 29ème édition, le festival des Vieilles Charrues réussit le tour de force, d’inscrire Carhaix au programme de la tournée mondiale de la superstar québécoise” annonce le festival dans un communiqué. D’après Jérôme Tréhorel, le directeur du festival, Céline Dion, leur invité, représente ​“le plus gros cachet de l’histoire des Charrues”​. Une annonce qui a déjà fait fureur sur la toile et qui risque d’en attirer un grand nombre pour la prochaine édition.

A chaque nouvelle édition, les festivals espèrent augmenter leurs jauges de fréquentation et c’est de plus en plus nécessaire pour eux. En effet, comme le confie Anthony Launay, en charge de la communication du Made Festival, les “​coûts de sécurité, de production, de cachets artistiques​” ne cessent d’augmenter sans arrêt et il est de plus en plus difficile pour les festivals de faire face à de tels coûts. Depuis les attentats de janvier 2015, l’Etat français à renforcer son plan vigipirate, demandant notamment un renforcement de la sécurité sur les festivals. ​Pour Eddy Pierres, directeur du festival Panoramas, à Morlaix, “C’est plus de 150 000 euros” qui est accordé à la sécurité, “c’est un budget qui est passé de 4-5 % à 7-8 % en quelques années.” Du côté des artistes, la concurrence est de plus en plus forte et donc forcément les prix des cachets augmentent. Le directeur des Vieilles Charrues affirme qu’il y a un lien entre la chute du marché du disque et la flambée des cachets sur les tournées des artistes. Le budget artistique des Vieilles Charrues ayant augmenté de 1,7 millions d’euros à 4,5 millions d’euros en 10 ans.

Pour faire face, à ces coûts conséquents, certains s’endettent pour tenter de remonter la pente. Un pari risqué car ils ne sont jamais certains que leur taux de fréquentation augmentera sur les prochaines éditions. C’est le pari qu’a fait l’Aluna Festival, organisé à Ruoms en Ardèche. ​Avec 42 000 billets vendus en 2018, 56 000 en 2017 et 76 000 en 2016​, le festival se retrouve avec un déficit de 400 000 € qui se transformera en prêt à rembourser d’ici quelques années. L’enjeu est de taille pour qu’ils arrivent à remonter la pente et à absorber ce déficit sur les prochaines éditions, c’est en tout cas, ce qu’espèrent les responsables du festival. Heureusement, grâce aux subventions, certains festivals réussissent à retrouver un équilibre pour continuer de faire rêver, chaque année, de nombreux festivaliers.

Mélanie Roux